Burkina Faso Ouagadougou, Bobo-Dioulasso

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UMR 224 : Population age structure and age structure modification via Wolbachia in Anopheles gambiae

Février 2009 - Janvier 2012

  • Département : Département Santé

Ce projet est financé par le programme FP7 de l’Union Européenne (projet HEALTH-F3-2009-223241). Il y est question d’évaluer l’utilisation potentielle d’une bactérie du genre Wolbachia pour la lutte contre Anopheles gambiae , vecteur majeur de paludisme en Afrique. La souche virulente de Wolbachia utilisée, wMelPop, provoque chez la drosophile d’où elle a été isolée, non seulement l’effet d’incompatibilité cytoplasmique caractéristique de ces bactéries endosymbiotes et qui en favorise la diffusion au sein des populations naturelles d’hôtes, mais elle réduit également considérablement la longévité des insectes infectés en attaquant les tissus nerveux.
La longévité des vecteurs est un paramètre crucial de la capacité vectorielle, car seuls les individus qui survivent suffisamment longtemps pour permettre la réalisation complète du cycle de développement du parasite (10 jours à 25°C pour P. falciparum chez An. gambiae ) peuvent assurer sa transmission.
Paradoxalement, on ne dispose aujourd’hui d’aucun outil permettant d’estimer l’âge d’un moustique ou d’évaluer la structure d’âge d’une population de vecteurs en dépit du caractère primordial que cette information représente pour mieux comprendre l’épidémiologie de la transmission du paludisme.

UMR : MIVEGEC « Maladies Infectieuses et Vecteurs : Ecologie, Génétique, Evolution et Contrôle », IRD224-CNRS5092-UM1-UM2

Acronyme : ANOPOPAGE

Titre du programme : Population age structure and age structure modification via Wolbachia in Anopheles gambiae

Contexte : Ce projet est financé par le programme FP7 de l’Union Européenne (projet HEALTH-F3-2009-223241). Il y est question d’évaluer l’utilisation potentielle d’une bactérie du genre Wolbachia pour la lutte contre Anopheles gambiae , vecteur majeur de paludisme en Afrique.
La souche virulente de Wolbachia utilisée, wMelPop, provoque chez la drosophile d’où elle a été isolée, non seulement l’effet d’incompatibilité cytoplasmique caractéristique de ces bactéries endosymbiotes et qui en favorise la diffusion au sein des populations naturelles d’hôtes, mais elle réduit également considérablement la longévité des insectes infectés en attaquant les tissus nerveux.
La longévité des vecteurs est un paramètre crucial de la capacité vectorielle, car seuls les individus qui survivent suffisamment longtemps pour permettre la réalisation complète du cycle de développement du parasite (10 jours à 25°C pour P. falciparum chez An. gambiae ) peuvent assurer sa transmission.
Paradoxalement, on ne dispose aujourd’hui d’aucun outil permettant d’estimer l’âge d’un moustique ou d’évaluer la structure d’âge d’une population de vecteurs en dépit du caractère primordial que cette information représente pour mieux comprendre l’épidémiologie de la transmission du paludisme.

Objectifs : Dans le cadre du projet ANOPOPAGE, il est ainsi prévu 1) d’adapter la souche wMelPop à An. gambiae et d’en étudier la virulence et la diffusion chez cette espèce; 2) d’identifier chez An. gambiae un set de gènes présentant un profil d’expression age-spécifique qui serviront de base pour la mise au point d’un test diagnostique basé sur la RT-PCR quantitative pour l’estimation de l’âge des spécimens; et 3) d’étudier la structure d’âge des populations naturelles d’An. gambiae dans différents contextes écologiques au Burkina Faso.

Site d’étude : Les collectes de moustiques sont réalisées dans 3 sites d’étude autour de Bobo-Dioulasso : Bama, Soumousso et Dandé.

Méthodologie : Les moustiques sont collectés par pulvérisation intra-domiciliaire d’insecticides commerciaux à base de pyrèthre. Ils sont identifiés morphologiquement sur le terrain, puis par biologie moléculaire (PCR) pour l’identification des espèces au sein du complexe An. gambiae s.l.

Equipe au Burkina : MIVEGEC, équipe BEES (Biologie, Ecologie et Evolution des Systèmes vectoriels) : F. Simard (CR1, IRD), K. Mouline (CR2, IRD), D. Couret (IE).

Institutions partenaires :

Partenaires au Burkina Faso :

- IRSS/Direction Régionale de l’Ouest à Bobo-Dioulasso (K.R. Dabiré, A. Diabaté)

Autres partenaires :

- Oxford University, UK (S Sinkins, porteur du projet)

- Aristotle University, Thessalonik, Greece

- International Center of Insect Physiology and Ecology (ICIPE), Nairobi, Kenya.

Avancement des recherches :

Le projet a démarré en février 2009. Plusieurs gènes candidats ont été testés et un premier set de 6 gènes a été retenu pour le développement du protocole de RT-PCR quantitative. Le protocole, mis au point à l’Université d’Oxford, est en cours de transfert au Burkina Faso, permettant ainsi la formation d’un étudiant Burkinabé. L’échantillonnage des populations naturelles d’An. gambie est en cours au Burkina Faso où les spécimens collectés sont stockés pour être ensuite analysés.
En 2011, la structure d’âge des populations naturelles d’An. gambiae va être étudiée par une méthode originale récemment développée par le groupe de James Carey à l’Université de Californie Davis (UCD).
Connue sous le nom de « residual demography », la méthode se base sur le suivi en insectarium de la longévité de spécimens d’âge inconnu collectés sur le terrain que l’on compare à une cohorte de référence formée d’individus de la même espèce, élevés et suivis en même temps et dans les mêmes conditions, et d’âge connu (spécimens suivis depuis l’émergence).
Après traitement statistique des tables de survie ainsi générées, il est possible d’estimer l’âge des spécimens collectés sur le terrain et d’étudier, par cette méthode simple et peu coûteuse, les fluctuations saisonnières dans la structure d’âge des populations naturelles de ces insectes.
Les protocoles utilisés avec succès sur la drosophile et plusieurs autres espèces de mouches par le groupe de l’UCD ont été adaptés à An. gambiae et les premières collectes sont actuellement en cours sur le terrain.

Contact : Frédéric Simard, email : frederic.simard@ird.fr